Synchronisateur
Cet appareil, qui se présente sous la forme d’une montre à gousset dotée de trois poussoirs, est le gadget emblématique des membres du Club. Lors de son admission au sein de l’organisation, chaque agent se voit solennellement remettre son Synchronisateur par le Précepteur de son Cercle, qui lui en explique également les différentes fonctions. Sous l’apparence d’un banal accessoire d’horlogerie se cache en effet un dispositif électromagnétique des plus complexes, doté de trois grandes fonctions : chacune de ces fonctions peut être déclenchée par un des trois poussoirs.
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Première fonction : repérage et localisation
Il s’agit en fait d’un mini-transmetteur d’ondes électromagnétiques permettant aux agents d’un même Cercle de pouvoir se localiser très rapidement les uns les autres, dans un rayon d’environ 2 miles (3 kilomètres), ce qui peut être fort utile en cas de capture, d’embuscade ou de complication inopinée. Chaque Synchronisateur agit à la fois comme un émetteur et comme un capteur. Lorsque le porteur souhaite " rameuter " ses compagnons, il presse un des poussoirs de la montre : le Synchronisateur se met alors à produire un signal électromagnétique régulier, inaudible pour l’oreille humaine. Lorsque ce signal est capté par un autre Synchronisateur réglé sur la même fréquence d’ondes, celui-ci " entre en résonance " avec le premier : une de ses aiguilles se met alors à osciller, indiquant la direction générale du signal capté ; en outre, plus le point d’émission se rapproche, plus l’aiguille semble se stabiliser. Pour pouvoir interagir l’un avec l’autre, deux Synchronisateurs doivent absolument être réglés sur la même fréquence : voilà pourquoi, au début de chaque mission, les agents du Club ont l’habitude de " synchroniser leurs montres "… Les risques d’interférence ne sont toutefois pas inexistants. Si plusieurs agents du même Cercle (utilisant la même fréquence) déclenchent simultanément leur signal dans le même rayon d’action, l’aiguille du Synchronisateur récepteur aura généralement tendance à " tourner folle " avant de relayer le signal le plus proche.
Deuxième fonction : appel aux Hommes en Noir
Le deuxième poussoir peut être utilisé pour envoyer un signal beaucoup plus puissant, sur une longueur d’ondes spéciale, afin d’appeler une équipe d’Hommes en Noir à la rescousse, en cas d’urgence et de nécessité absolue. Ce signal ne sera pas capté par un autre Synchronisateur mais par l’antenne logigraphique du Bureau ou du Corbillard le plus proche. Le transmetteur logigraphique qui capte un signal de détresse est généralement capable d’estimer très précisément sa distance et sa direction. Contrairement au simple signal de repérage, ce signal peut être capté à une centaine de kilomètres à la ronde mais n’est émis que pendant quelques minutes. Rappelons à toutes fins utiles que les Hommes en Noir ne sont pas la " cavalerie " du Club : leur mission consiste d’abord et avant tout à " nettoyer " les éventuels indices compromettants, à intercepter les témoins gênants ainsi qu’à évacuer les éventuels blessés ou prisonniers vers des endroits plus sûrs.
Troisième fonction : appel de détresse
Le troisième poussoir déclenche l’appel de détresse, un SOS réservé aux situations d’urgence absolue – par exemple lorsque l’agent est capturé par l’ennemi et n’a aucun moyen d’évasion à sa portée. Comme le précédent, ce signal spécial a un rayon d’environ 100 kilomètres et est destiné à être capté puis localisé par les stations logigraphiques du Club. Chaque Synchronisateur possède son signal particulier, permettant ainsi aux Sentinelles d’identifier l’agent en détresse. Ce signal est émis de manière continue durant environ 24 heures. Passé ce délai, les délicats mécanismes du Synchronisateur s’autodétruisent, conformément aux procédures de sécurité mentionnées ci-dessous. Lorsqu’un signal de détresse est capté et localisé, c’est au Curateur compétent de déterminer la marche à suivre, en fonction des informations dont il dispose. Notons qu’il n’est pas toujours possible pour les supérieurs d’un agent en détresse d’intervenir de manière rapide et efficace : les agents en mission doivent d’abord compter sur eux-mêmes et n’utiliser ce signal qu’en dernier recours. Un Synchronisateur est un dispositif précieux mais ce n’est ni un jouet ni un talisman de protection divine : les agents qui prennent l’habitude de déclencher un peu trop facilement cette ultime alarme risquent tout simplement d’être privés de Synchronisateur par leur Curateur.
Quelques précisions supplémentaires
Sauf lorsque le signal de détresse est déclenché, la mini-batterie vulcanique assure au Synchronisateur un fonctionnement quasi-illimité. Enfin, comme rien ne se dérobe plus facilement qu’une montre, les Horlogers du Club ont installé un dispositif de sécurité à l’intérieur de chaque Synchronisateur : si l’appareil n’est pas remonté au moins une fois toutes les 24 heures, la mini-batterie vulcanique entraîne la destruction irrémédiable des mécanismes intérieurs, rendant impossible toute utilisation, toute réparation ou même tout examen des précieux circuits électromagnétiques. Enfin, précisons qu’un Synchronisateur peut aussi être utilisé… pour lire l’heure, tâche dont il s’acquitte avec une remarquable exactitude.